Le collectif ne protège pas de l’épuisement : parlons-en.
Vous faites partie d’un collectif ? Vous portez un projet à plusieurs ? Vous sentez que quelque chose s’essouffle, en vous et/ou autour de vous ? Alors cette conversation vous concerne. Et elle mérite d’avoir lieu.
Croyance numéro 1 : Le collectif protège !
On s’engage dans l’entrepreneuriat collectif avec une vision : celle de faire autrement. De créer un projet à plusieurs, fondé sur des valeurs de solidarité, de partage, de démocratie. On cherche du sens, du lien, du soin.
Oui, mais voilà, malgré tout ça, parfois, on s’épuise.
Et c’est là que le paradoxe frappe : même les projets les plus humains n’échappent pas à l’épuisement. Même dans les coopératives, les collectifs autogérés, les structures à gouvernance partagée, la charge mentale est bien réelle.
Croyance numéro 2 : l’entrepreneuriat collectif, ‘c’est pas pareil !’
L’entreprenariat, même collectif, reste… de l’entrepreneuriat.
Créer, porter et faire vivre un projet — qu’il soit individuel ou collectif — demande de l’énergie, de la vision, de la persévérance. Et dans l’entrepreneuriat collectif, cette exigence se double souvent d’une complexité relationnelle :
- Cumul des rôles (personne à la fois fondatrice, associée, membre travailleur, coordonatrice, …),
- Tensions entre les besoins du projet, ceux du groupe et ses propres besoins,
- Responsabilités diffuses, parfois sans cadre clair.
Et tout cela pèse. Une étude québécoise (Chassin & Derraji, 2018) révèle que 71,5 % des entrepreneur·euses rapportent un niveau de détresse psychologique élevé. Les causes ? Stress financier, surcharge de travail, conciliation travail/famille, attentes envers soi élevées. Les impacts ? Isolement, anxiété, épuisement, troubles du sommeil, et parfois troubles de santé mentale.
Cette charge, si elle n’est pas reconnue, peut glisser vers des troubles plus profonds.
Croyance numéro 3 : la santé mentale : ‘ça va’ ou ‘ça va pas’ !
La santé mentale n’est pas une question de “malade ou pas malade”. C’est un continuum, une expérience humaine qui fluctue selon les contextes, les ressources, les relations.
Et dans un collectif, cette expérience individuelle a des répercussions sur le groupe.
Un membre est en souffrance, c’est une dynamique qui se tend. Un groupe qui ignore les signaux, c’est une fatigue qui s’installe. Prendre soin des personnes, c’est donc prendre soin du projet.
Croyance numéro 4 : La santé mentale, c’est une affaire individuelle !
Pas seulement ! Vous l’aurez compris, la santé mentale est une affaire sérieuse qui se joue à 2 niveaux :
- Individuellement : comment je prends soin de moi ? Quels outils, quelles stratégies de protection ai-je à ma disposition ?
- Collectivement : en plus d’avoir une responsabilité légale en matière de risques psychosociaux, l’organisation a une responsabilité morale et éthique dans le soin offert à ses membres.
Par où commencer ?
Commençons par ceci : vous en savez bien plus que vous ne le pensez! Vous êtes des êtres humains, qui tentez de répondre à vos besoins du mieux que vous pouvez.
Ceci étant dit et pour aller plus loin, au Réseau COOP, nous avons développé un atelier de sensibilisation sur la question de la santé mentale, dans lequel nous vous proposons de :
- Démystifier et distinguer les notions de santé mentale et maladie mentale
- Composer votre trousse de soin en santé mentale personnalisée
- Identifier les obligations légales de votre collectif en matière santé mentale et réfléchir à vos stratégies pour prendre soin des membres de votre collectif.
Un 2 heures bien investi pour votre épanouissement personnel et professionnel et celui de votre coop !
Pour plus d’infos : Santé mentale et entrepreneuriat collectif : cultiver l’équilibre — Réseau COOP